Marketing, what else ?

Leclerc peut poursuivre sa communication sur les médicaments 13 mai 2008

Classé dans : Débats / Questions marketing — Céline @ 11:20
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  source : LSA

Après son comparateur de prix de la concurrence sur Internet, le « poil à gratter » des grands distributeurs français a jeté un nouveau pavé dans la mare avec cette campagne en faveur de la vente en GMS de médicaments non remboursés.

La réaction des professionnels de la Pharmacie ne s’est pas faite attendre : le tribunal de grande instance de Colmar a été saisi en référé pour dénigrement, et a condamné le 21 avril le groupe Leclerc à retirer sa campagne publicitaire.

 

Le groupe Leclerc a naturellement fait appel : son argument principal est que l’ouverture aux grandes surfaces du marché de la distribution des médicaments non remboursés entraîneraient une baisse de leurs prix.

 

La Cour d’appel de Colmar vient de lui donner raison : elle considère que l’argument de Leclerc est certes « réducteur », mais qu’il ne s’agit pas pour autant d’un véritable « dénigrement » des pharmacies, sinon « une ironie un peu agressive ».

 

 

On pourra dire que la campagne a atteint son but : ouvrir un débat…

Mais la forme a ici autant d’importance que le fond : où s’arrête le sens de l’intérêt public, et où commencent l’opportunisme (le pouvoir d’achat qui baisse, les médicaments qui sont moins bien remboursés) et la démagogie (le pouvoir des GMS au service des consommateurs, versus le lobby pharmaceutique) ? Et dans ce cas, la forme est un peu trouble.

 

Qui profite de quoi dans la vente des médicaments non remboursés, en particulier les OTC (« Over The Counter », type aspirine ou pastilles pour la toux, par exemple) ? Les laboratoires ? Les pharmaciens ? On peut difficilement supposer que Leclerc acceptera de réduire ses marges, alors pense-t-il faire réduire la leur aux fabricants, au prétexte qu’ils auront accès à un plus large réseau de distribution (selon Leclerc, l’ouverture de la distribution de médicaments permettrait de faire baisser leurs prix d’environ 25%) ?

 

Le consommateur bénéficiera-t-il du même niveau de conseil que dans une pharmacie ? La distribution sera-t-elle contrôlée ? La promotion sera-t-elle contrôlée ?

 

 

Ce qui me gêne, en fait, c’est simplement que la question soit posée par un acteur du privé, qui plus est partie prenante à l’affaire, et de façon aussi caricaturale. Car elle mérite qu’on s’y attarde : le prix de la santé, c’est un vrai problème public, et je ne plaindrai pas les laboratoires s’ils se voient contraints de réduire leurs marges.

 

Mais en admettant que l’ouverture de la distribution de médicaments ait lieu, et que la baisse des prix soit effective, qui serait le grand perdant ? Certainement pas les laboratoires, qui se rattraperaient probablement sur le volume. Probablement les pharmaciens, qui verraient une partie de leur chiffre d’affaires détourné. Certainement les médicaments génériques, moins chers que leurs homologues de marque, et pourtant boudés par les Français.

 

Et pourtant, il me semble qu’un excellent remède à la hausse des prix des médicaments, c’est le développement du marché des génériques ?

 

Monoprix lave plus vert 11 mai 2008

Classé dans : Marketing vert, Marques — Céline @ 9:43
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En collaboration avec l’Agence Nationale du Service à la Personne, l’OPCALIA et l’Académie de la Propreté, Monoprix annonce le lancement de la première formation professionnelle au ménage « vert ».

 

Cette formation, proposée dans un premier temps à des entreprises de prestation de services d’Ile de France, a comme objectif de « favoriser des pratiques plus respectueuses de l’environnement et à participer à la professionnalisation du secteur des services à la personne, en permettant aux participants d’acquérir de nouvelles compétences et en valorisant leur métier. », dixit le site internet www.menage-vert.com

 

Le site internet, ouvert à tous, présente les objectifs de la formation, les différents intervenants, et des témoignages des sociétés de services participantes. Pour le grand public, il propose aussi des conseils et des astuces pour un ménage plus respectueux de l’environnement.

Bien sûr, il met l’accent sur la gamme de produits d’entretien de Monoprix.

 

Au moment où Leclerc, Carrefour et Super U investissent fortement en télévision pour médiatiser leurs produits équitables ou leurs gammes écologiques, et se forger ainsi une respectabilité en la matière, voici une initiative intéressante de la part de Monoprix pour mettre en avant ses propres produits verts. 

 

En effet, c’est un excellent canal de bouche-à-oreille : quelle meilleurs prescripteurs de produits d’entretien verts que les agents de ménages qui interviennent chez des particuliers, pour toucher justement ces particuliers ? En dehors du prix de vente, un des principaux obstacles à l’utilisation de produits d’entretien verts était leur supposée efficacité moindre par rapport aux détergents. Mais comment convaincre les Français de les essayer… pour les adopter ? En apportant la preuve de leur efficacité comparable aux produits classiques, grâce aux agents de ménage, directement dans les foyers.

 

Et il serait injuste de réduire cette initiative à une simple mécanique d’échantillonnage et de valorisation de son image d’entreprise citoyenne : bien sûr que des retombées positives sont attendues dans ces deux domaines… mais ce partenariat s’inscrit dans une démarche de développement durable réelle, en mettant la formation et la professionnalisation au cœur du dispositif, ce qui mérite d’être souligné.

 

De l’éco-laid à l’éco-chic à l’éco-icône 7 mai 2008

Classé dans : Marketing vert, Tendances — Céline @ 10:44
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(source : www.trendwatching.com/ )

2008, année du bio-culte ?

 Alors que l’environnement est devenu un sujet de préoccupation pour la plupart des gens (canicule puis Grenelle obligent), on a vu la tendance éco-bio se métamorphoser, pour passer de l’« éco-laid » (des produits tristes, plus chers et moins performants que leurs homologues moins responsables), à l’éco-chic (des produits respectueux de l’environnement, tout aussi plaisants, valorisants et efficaces que les versions « polluantes »).

 De plus en plus de créateurs d’entreprise se lancent dans le bio, avec une idée en tête : créer des produits pour améliorer et embellir la vie quotidienne… et préserver l’avenir. Grâce à eux, le Bio n’est plus synonyme de retour au « tout naturel », sans artifice ni …marketing. On a désormais le droit de concilier efficacité, plaisir personnel et respect de la nature et de l’environnement de tous.

 L’étape suivante, c’est le passage de l’éco-chic à l’éco-icône, et c’est pour 2008 selon Trendwatching.

 

En effet, les acheteurs de produits « verts » ont un sentiment d’exemplarité par rapport aux acheteurs moins consciencieux en terme de respect de l’environnement.

Ils veulent être reconnus pour cette attitude modèle par le reste de la société - d’autant plus que des millions de gens sont désormais susceptibles d’être impressionnés par leur mode de vie - et pour cela ils ont besoin de produits « stars » : des produits au design inédit -évidemment, qui ne ressemblent surtout pas à un homologue éco-irresponsable - , suffisamment  médiatisés de sorte que le grand public puisse les reconnaître au premier coup d’œil, et qui incarneront ainsi de la conscience verte de leur propriétaire.

 

Exemples :

La célébrité du moment en la matière, c’est sans doute la Toyota Prius, depuis qu’elle a été adoptée par nombre de stars hollywoodiennes. Et la première raison d’achat de la Prius, citée par 57% de ses propriétaires dans une étude réalisée pour le CNW Marketing Research, reprise par Trendwatching, c’est qu’elle leur donne une crédibilité écologique.

 

 

 

 

 

Mais Trendwatching présente également des exemples dans d’autres secteurs d’activité :

Une société néo-zélandaise, Beauty Engineered Forever , a développé une gamme de produits d’entretien à base d’huiles essentielles et d’ingrédients naturels. Leur « plus » ? Le packaging, clin d’œil au vécu du consommateur avec des noms tels que « I’ll do your dirty work » ou « Trust me with your delicates ». Ecolo, cool et définitivement repérable dans une cuisine.

 

 

 

 

 

 Cortland a conçu des sacs à main incorporant un panneau solaire, qui s’utilisent très facilement. Il se recharge à l’extérieur et à l’intérieur, en le plaçant près d’une fenêtre, et permet de collecter suffisamment d’énergie pour recharger un téléphone portable ou un ipod.

 

 

 

 

 

 

 

Néanmoins, tout ceci reste vrai… tant que les consommateurs ont encore le choix : acheter « vert » ou pas.

Trendwatching conclut son brief sur cette note : pour que les résultats soient mesurables en bénéfices réels pour l’environnement, il faudra plus que quelques éco-icônes. Ce qui signifie très probablement que de plus en plus de produits de notre quotidien deviendront obligatoirement écolo, que ce soit par la volonté des fabricants ou l’intervention des gouvernements, de telle sorte que les consommateurs n’auront pas d’autre choix que d’opter pour des produits « eco-friendly ».

 

Absolut disco ! 7 mai 2008

Classé dans : Expérience web — Céline @ 9:29
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Quand on est une marque d’alcool, qui plus est d’alcool fort, la communication publique est un art délicat.

La plupart des maisons ont généralement choisi de mettre en avant leur histoire et des traditions, s’adressant ainsi à un « club » d’amateurs éclairés, avec un style de vie haut de gamme, emprunt d’élégance pour les digestifs prestigieux, ou un style de vie « authentique », attaché à des racines pour les marques de whisky.

 

Sans histoire ni terroir, la marque Absolut a choisi de tout miser sur ses produits en leur donnant une couleur avant-gardiste et festive : les déclinaisons de gamme surfent sur les dernières tendances (« Absolut Bling Bling »), les communications montrent uniquement la bouteille d’Absolut, mise en scène par des artistes pointus (Steven Meisel..), dans des situations variées. Absolut ne s’adresse pas à un club élitiste, mais à une communauté de jet-setters artistes…ou l’inverse.

 

Le site web d’Absolut, www.absolut.com , est logiquement à l’image de cette image. Il regroupe à peu près tout ce qui ce fait de plus tendance en matière de web, et notamment de web participatif.

Chaque campagne est en effet l’occasion de créer des interactions entre la marque et son public, via des animations soit ludiques, soit artistiques, mais toujours remarquablement bien faites en terme de design et en terme de technologie, comme en témoigne ci-dessous l’animation réalisée pour Absolut disco, qui propose à l’internaute de se filmer en train de danser le disco, grâce à sa webcam, dans un décor disco qu’il peut moduler à sa guise grâce aux touches de son clavier.

 

 

Arsenic et vieilles dentelles : “Fuel for life” by Diesel 7 mai 2008

Classé dans : Campagnes pub, Marques — Céline @ 8:45
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“Ladies and gentlemen, meet the Diesel bad lads and bad lasses ! »

 
En marge de la guerre des égéries que se livrent - avec talent, il faut le reconnaître - Dior et Chanel, une campagne de lancement de parfum s’est distinguée en 2007 par son originalité et sa force d’évocation : « Fuel for life », de Diesel.
 

Sensuelle et suggestive, cette campagne, orchestrée par L’Oréal, surfe sur la tendance « glamour vénéneux », très en vogue actuellement (« Midnight Poison » de Dior, « Anges et Démons » de Givenchy…, voir à ce sujet l’article de Cosméo, sur son blog ).

 

Mais elle se distingue par son esthétisme très novateur par rapport aux communications habituelles du secteur :

  • des lieux dépouillés, et en même temps très évocateurs de mauvaises fréquentations: le vieux manoir désert (tendance «fille de mauvaise vie») ou le caniveau (tendance «bad guy»),
  • des mannequins atypiques, charismatiques, qui transpirent le soufre, le musc et la sueur… on est loin des visages purs que l’on voit généralement dans les cosmétiques,
  • un stylisme qui mixe Belle Epoque et Far West, esprit boudoir et saloon,
  • le tout rehaussé par une musique intrigante et un traitement visuel très brut, un peu suranné et en même temps très sophistiqué, type journaux du début du siècle : du sepia ou du noir et blanc légèrement colorisé…

Au final, un univers captivant et singulier, qui mélange pêle-mêle vintage, baroque, romantisme noir, et subversivité…. loin du luxe soigné.

Ajoutons à cela un claim manifestement provocateur : « use with caution » en TV, « finally legalized » en print : « Fuel for life », c’est le carburant des mauvaises graines, de l’essence de vie mouvementée !

Alors, « are you alive ? »

 

Sanex lance des déodorants à la pierre d’alun 7 mai 2008

Classé dans : Marketing vert, Produits — Céline @ 8:28
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source : www.lsa.fr

Surfant (à son tour) sur la vague des minéraux - très en vogue dans les cosmétiques - et du bio, Sara Lee lance la gamme Sanex NaturProtect, 4 déodorants intégrant de la pierre d’alun dans leur formulation :

  • 2 déodorants peau sensible, en spray et en bille
  • 2 déodorants peau normale, idem

Les produits sont par ailleurs sans paraben.

Les acheteurs de produits d’hygiène bio ne s’y tromperont néanmoins pas : il s’agit de produits “bio-like”, “d’inspiration bio”, mais pas de vrais produits bio.

D’aucuns diront que c’est trompeur, que la grande consommation récupère déjà une tendance de consommation émergente : acheter responsable et respectueux de l’environnement, au détriment des acteurs authentiques, en induisant le consommateur en erreur.

Mais, c’est un vrai débat : sans la grande consommation, et sans un passage par le “bio-like”, le bio peut-il vraiment devenir le mode de consommation majoritaire ? On pourra ensuite se demander s’il est souhaitable, pour la nature et ses ressources fragiles, que le monde entier se mette à consommer bio…

 

Pour info

L’alun est un antiseptique et un astringent : concrètement, il régule la transpiration en resserrant les pores de la peau et lutte contre les bactéries responsables des odeurs … désagréables. Pour les hommes, il est aussi efficace comme après-rasage, pour apaiser le feu du rasoir.

La pierre d’alun est d’ailleurs principalement commercialisée comme déodorant dans la plupart des boutiques bio. 

A noter qu’il y a un débat sur la toxicité de l’aluminium contenu par l’alun.